Je sais que la moyenne du temps passé à lire un blog est d’environ 2 minutes 17 secondes.
Pour une fois, j’aimerai chers lecteurs que vous y passiez un peu plus de temps afin que je puisse vous faire partager ma vision, mes interrogations sur la crise actuelle.
Naomi Klein :
Cette auteure canadienne, une des piliers de la pensée économique mondiale, nous offre dans son dernier ouvrage : “La stratégie du choc“, une vision quelque peu innovante en matière d’analyse de la montée de l’ultra-libéralisme depuis la guerre froide.
Mieux que des mots, je vous propose de visionner cette vidéo de présentation du livre, ATTENTION, âme sensible, s’abstenir:
Étonnant non ?
J’aime beaucoup dans cette bande-annonce la dernière parole de Naomi qui dit que le choc ne dure pas, qu’il est possible d’aller au delà de ce choc par la réflexion et donc l’éducation. C’est pour moi synonyme d’espoir.
Afin de vous exliquer plus clairement sa théorie, je vous propose de visionner et écouter cette interview réalisée par John-Paul Lepers de “La Télé Libre“.
Première partie:
Où elle nous explique les fondements de sa théorie, et où elle prend acte des suites politico-économiques du désastre provoqué par l’ouragan Katrina à la Nouvelle-Orléans.
2ème partie:
Certains diront que cette théorie n’est qu’en fait un démontage d’une idéologie par une autre: le communisme. Naomi s’explique ici en déclarant qu’elle n’est pas communiste.
Elle y explique aussi comment les chantres du capitalisme font tout pour démonter les acquis des citoyens américains suite à la grande crise de 1929, notamment par l’abandon du Glass-Steagall act sous le gouvernement Clinton (démocrate ???)
3ème partie:
Où il est temps maintenant de laisser la place à la démocratie, aux citoyens pour changer tout ça. Chaque crise donne une leçon. Et la leçon de la dernière crise en date est qu’il faut redonner le pouvoir à la démocratie plutôt qu’à une doctrine.
Où il est dit que l’évolution viendra de lois “populaires”, qui permettent à chacun d’y trouver son compte dans nos sociétés.
Je m’interroge :
- Sur la sincérité de N.S. (Notre Seigneur ,
) dans ses velléités de régulation de l’économie au niveau mondiale. - Sur le démantèlement de l’éducation nationale par un ministre faisant de l’appel du pied au privé, et au delà sur la façon dont les gouvernements veulent se séparer des services publics.
- Sur le fait qu’en prêtant autant d’argent aux banques, il sera plus facile ensuite avec des états surendettés de laisser la place aux groupes privés.
- Sur la capacité qu’aura Barack Obama a changé la donne aux USA, quand on voit que le gouvernement Clinton a voté la fin du Glass-steagall act.
- Sur le fait qu’une théorie économique soit le centre d’une politique.
- Sur le rôle des médias dans l’institution de ce climat de peur et de choc.
Je suis convaincu:
- Par cet ouvrage.
- Que ce n’est pas en imposant une théorie qu’on rendra le monde meilleur. Qu’elle soit de droite (comme celle décrite), de gauche (communisme, socialisme) , tant qu’on ne prendra pas en compte la diversité des besoins humains, toute doctrine finira par échouer.
- Que c’est dans l’humanisme que se situe la solution future. C’est à dire remettre l’humain au centre de la préoccupation politique.
- Que le bonheur des uns ne se fait pas au détriment des autres.
- Que l’éducation, le développement de l’esprit critique, est essentiel pour comprendre et parer ces phénomènes.
- Que ce n’est pas en luttant contre cet état de fait qu’on avancera. C’est justement en l’acceptant, en le comprenant qu’on pourra proposer d’autres solutions plus humaines.
- Que les citoyens ont leur mot à dire, que ce n’est pas une fatalité. Et comme le dit Quitterie Delmas, c’est en se réunissant, en combattant, en prenant la parole et en écoutant les autres, en se fédérant sur des centres d’intérets citoyens que nous ferons évoluer la donne.
- Que l’Europe a un rôle important pour contrer cette situation…N’oubliez pas d’écouter les débats et de voter en 2009 !
- Que cette crise est la graine d’un sursaut citoyen, d’un monde plus humain si on ne se laisse pas embobiner par des discours “populistes” et des traitements de l’information trop “émotionnels” n’en déplaise aux médias “classiques”.
- Que la prochaine évolution du monde ne se fera pas sans la prise en compte de l’humanité dans sa globalité, et pour ça, il est temps de changer notre vision du monde et d’améliorer la qualité des relations humaines. Ne plus traiter l’homme, la planète, la vie comme une marchandise mais comme le centre de la préoccupation idéologique.
Je remercie celui qui m’a fait découvrir ce livre. Grâce à lui et à Naomi Klein, j’ai pu évoluer sur ma vision du monde actuel. Comme à chaque fois que j’apprends, je deviens plus “humain”…
1 Réponse vers “Crise financière : une stratégie ?”